Les tissus péri-articulaires du genou - cartilage, tendons, ligaments, ménisques - présentent une vascularisation native limitée, ce qui ralentit naturellement leur capacité de réparation. L'injection locale de PRP vise à pallier ce déficit en apportant une concentration élevée de facteurs de croissance directement sur le site lésionnel.

Pourquoi le genou répond-il au PRP ?

Le cartilage articulaire et les structures tendino-ligamentaires sont des tissus avasculaires ou hypovasculaires. En l'absence d'apport sanguin suffisant, les cellules réparatrices (fibroblastes, chondrocytes) peinent à migrer vers la zone lésée. L'injection de PRP contourne cette limitation en délivrant localement :

  • PDGF : prolifération des chondrocytes et des fibroblastes
  • TGF-b : synthèse de collagène de type II, régulation de l'inflammation
  • VEGF : néovascularisation locale
  • IGF-1 : différenciation chondrocytaire et synthèse matricielle
  • Fibronectine et vitronectine : adhésion cellulaire à la matrice extracellulaire, migration des cellules réparatrices
Injection PRP genou

Indications validées au genou

Gonarthrose

L'arthrose du genou touche près de 30% des patients de 65 à 75 ans en France. Plusieurs études prospectives documentent une réduction des scores de douleur (VAS, WOMAC) et une amélioration fonctionnelle après injection de PRP, avec un effet maintenu sur 6 à 12 mois selon les protocoles. Une étude publiée dans l'Official Journal of the Malaysian Orthopaedic Association (2014) rapporte des résultats favorables du PRP par rapport à l'acide hyaluronique sur cette indication.

Lésions méniscales intrasubstance

Les dégénérescences méniscales de grade I et II, en zone avasculaire, constituent une indication documentée. Des injections échoguidées sont rapportées dans la littérature pour ces lésions inaccessibles à la chirurgie mini-invasive classique.

Tendinopathies

La tendinopathie rotulienne et la tendinopathie du quadriceps sont des indications fréquentes, notamment chez les sportifs. Le PRP est utilisé en injection péri- ou intra-tendineuse sous guidage échographique pour cibler les zones de néovascularisation pathologique.

Lésions cartilagineuses focales

Les chondropathies focales de grade I à III (classification ICRS) représentent une indication en cours d'évaluation. Le PRP peut être utilisé seul ou en combinaison avec d'autres techniques (microfractures, greffe de cartilage) pour optimiser la régénération tissulaire.

PRP vs acide hyaluronique : données comparatives

La visée des deux produits est différente : l'acide hyaluronique agit principalement comme lubrifiant articulaire (viscosupplémentation), tandis que le PRP cible la régénération tissulaire par action biologique directe. Plusieurs meta-analyses rapportent une supériorité du PRP sur l'acide hyaluronique dans la réduction de la douleur à moyen terme (6 mois) pour la gonarthrose débutante à modérée. Les résultats sont plus homogènes pour le PRP leucocyte-pauvre que pour le PRP leucocyte-riche sur cette indication.

Injection PRP dans le genou

Points clés de la comparaison

  • PRP : action biologique sur la matrice cartilagineuse, effet à 6-12 mois
  • Acide hyaluronique : effet mécanique et anti-inflammatoire, effet à 3-6 mois
  • Association des deux possible selon protocole praticien
  • PRP leucocyte-pauvre privilégié en intra-articulaire pour limiter la réaction inflammatoire initiale

Suivi post-injection : points clés pour le praticien

Phase immédiate (J0-J3)

  • Réaction inflammatoire locale possible dans les 24-48h : normale et attendue
  • Application de froid local en cas de gonflement
  • Mise en décharge partielle recommandée selon l'indication
  • Éviter les AINS (ibuprofene, diclofenac) qui inhibent l'activation plaquettaire et peuvent réduire l'efficacité du PRP

Phase de suivi (J3-J30)

  • Antalgiques de palier 1 (paracétamol) si nécessaire
  • Reprise progressive de la mise en charge selon l'indication et la tolérance
  • Évaluation clinique à 4-6 semaines pour apprécier la réponse initiale
  • Protocole multi-injections possible (2 à 3 injections espacées de 3-4 semaines) selon les pratiques et l'indication

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